Comment élaborer un projet culturel global intégrant les performances artistiques ?
1. Diagnostic partagé et identification des ressources internes
L’élaboration d’un diagnostic partagé constitue la première étape incontournable. Il s’agit d’établir un état des lieux :
- Des attentes et représentations des équipes soignantes : certains soignants voient l’art comme « hors-sujet », d’autres y trouvent un appui quotidien (source : enquête interministérielle Culture & Santé, 2021).
- Des espaces disponibles : salle polyvalente, hall, jardin, unités spécifiques (gériatrie, pédopsychiatrie…)
- Des réseaux existants : partenariat avec municipalités, structures artistiques locales, artistes intervenants.
En 2019, 47 % des hôpitaux disposaient d’une salle dédiée à l’activité artistique ou culturelle et 32 % d’une personne référente à temps partiel (source : ministère de la Culture, « L’offre culturelle en milieu hospitalier »).
2. Impulsion institutionnelle et légitimité politique
Pour que l’intégration des performances devienne pérenne, il est vital que la démarche soit portée par la gouvernance – direction, commission culture, CME ou CVS, conseil de vie sociale… Cette volonté institutionnelle contribue à légitimer le projet auprès des équipes, à intégrer la démarche dans les textes fondateurs (projet d’établissement, CPOM) et à ouvrir les financements (ARS, DRAC, fondations…).
3. Définition d’objectifs partagés, adaptés au contexte
Un projet pertinent définit des objectifs co-construits, réalistes et évaluables :
- Soutenir le bien-être des résidents/patients (diminution du sentiment d’ennui, création de souvenirs partagés…)
- Favoriser la porosité hôpital/cité en accueillant des compagnies professionnelles, en ouvrant les espaces au public extérieur, etc.
- Développer la créativité et le sentiment d’agir (empowerment) chez les participants
- Renforcer les liens intergénérationnels et interprofessionnels
Il est capital de contextualiser ces objectifs selon les réalités de terrains : par exemple, la notion de « participation » ne recouvre pas la même chose auprès d’un public jeune souffrant de troubles psychiques qu’en unité Alzheimer, où la présence rassurante et sensorielle prime sur la production artistique.