Un espace de parole différent : la peinture comme médiateur
Les ateliers de peinture en psychiatrie ne remplacent pas la psychothérapie verbale, mais ils créent un espace où une autre forme de parole émerge : par l’image, l’action, le regard de l’autre. Plusieurs enquêtes ethnographiques, dont celle de l’INSERM en 2015[3], relèvent :
- Une augmentation de la prise de parole spontanée après les séances, en particulier lors de temps de partage autour des réalisations
- Une valorisation du travail de chacun qui redonne confiance (“C’est la première fois que je montre quelque chose dont je suis fier”, témoigne un participant en hôpital de jour à Paris)
Dans 70 % des ateliers observés par l’équipe de J. Brossard (étude menée dans trois CMP d’Ile-de-France en 2018), au moins un patient s’est exprimé pour la première fois devant le groupe après avoir présenté sa peinture. Ces moments deviennent des déclencheurs de paroles sur soi, sur son passé, ou sur ses angoisses, facilitant parfois la relation thérapeutique globale.